L'enjeu de la santé mentale au travail

Sujet de préoccupation croissant, de plus en plus de salariés souffrent de troubles psychiques liés à l’exercice de leur métier. Face à ce défi complexe, des solutions émergent en entreprise, pour conjuguer bien-être psychologique et performance collective.

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Des travailleurs psychologiquement éprouvés

Par son ampleur, sa gravité et son caractère sans précédent, la crise sanitaire liée au Covid-19 a profondément affecté notre équilibre psychique. Depuis, le contexte sociétal oppressant — inflation, tensions politiques et sociales, dérèglement climatique, conflits internationaux… — continue de mettre notre moral à l’épreuve. Selon Santé Publique France, 30 % des adultes présentaient des signes anxieux ou dépressifs en septembre 2023(1). Un état des lieux alarmant qui a conduit les pouvoirs publics à désigner la santé mentale « Grande cause nationale 2025 ». Objectif : susciter un changement dans la prise en charge comme dans la perception des troubles associés.

 

Une personne sur trois sera touchée par un trouble mental au cours de sa vie(2).

 

La sphère professionnelle n’échappe pas à cette crise, loin de là. De plus en plus documentée, la santé mentale au travail ne cesse, elle aussi, de décliner depuis la pandémie. Dans son 13e baromètre publié au mois de septembre(3), le cabinet Empreinte humaine, évalue ainsi à 42 % la part des salariés se trouvant en situation de détresse psychologique. Un phénomène particulièrement marqué dans les entreprises de taille intermédiaire ou ETI (53 %) et les TPE (49 %). Les jeunes de moins de 30 ans, ainsi que les télétravailleurs à 100 % figurent parmi les catégories les plus touchées. Autre indicateur préoccupant : 30 % des travailleurs présentent un risque de syndrome d’épuisement professionnel (ou burn-out), dont 11 % à un niveau « sévère », nécessitant un accompagnement psychologique, voire une hospitalisation.

Des causes structurelles et organisationnelles

Huit salariés en souffrance sur dix attribuent leur état, totalement ou partiellement, à leur environnement professionnel. Les sources de ce mal-être peuvent être multiples. Parmi les facteurs les plus cités : des conditions de travail dégradées (manque de temps, intensification de la charge de travail…), des tensions relationnelles (management toxique, conflits interpersonnels, harcèlement…), un manque de reconnaissance ou encore un sentiment d’inutilité ou d’insécurité, dans une économie transformée par la digitalisation.

 

La perte de sens constitue un autre motif de désengagement, en particulier lorsqu’elle résulte d’une contradiction entre convictions personnelles et missions professionnelles. Dans une enquête de la Dares(4), six actifs sur dix se disent exposés à un conflit de valeurs, dont plus d’un tiers vivent un conflit éthique important susceptible de mettre en danger leur santé physique ou mentale. À cela s’ajoute, enfin, une grande porosité entre vie personnelle et professionnelle, accentuée par l’essor du télétravail. Autant de difficultés rarement évoquées sur le lieu de travail, car trop souvent perçues comme un signe de vulnérabilité. La crainte de la stigmatisation reste ainsi l’un des principaux freins à la détection des troubles psychiques en entreprise.

 

92 % des salariés français considèrent l’attention portée à la santé mentale comme un facteur important dans le choix d’un employeur(5).

Un coût humain, social et économique majeur

Ce mal-être peut se manifester par divers symptômes affectant la qualité de vie des salariés concernés — fatigue chronique, stress intense, troubles du sommeil, douleurs musculaires… On parle de trouble psychique lorsque l’équilibre de l’individu est fortement perturbé et/ou de façon prolongée, entraînant une altération majeure de la pensée, de la régulation des émotions ou du comportement. C’est le cas de l’anxiété, de la dépression ou encore des conduites addictives.

 

À titre collectif, le coût de la souffrance mentale est considérable. Les pathologies psychiques et psychiatriques représentent aujourd’hui le premier poste de dépenses de l’Assurance maladie, devant les cancers et les maladies cardiovasculaires(2). La Fondation FondaMental, quant à elle, estime leur coût direct et indirect — qui prend également en compte baisse de la qualité de vie, perte de revenus, invalidité et réduction de l’espérance de vie — à 163 milliards d’euros en 2023(6).

 

À l’échelle de l’entreprise, cette « épidémie silencieuse » a des conséquences tout aussi tangibles : taux d’absentéisme accru, allongement de la durée des arrêts de travail, diminution de la productivité, climat social défavorable, perte de talents, « turn-over » et, in fine, moindre performance de l’entreprise. Les troubles mentaux représentent ainsi le premier motif d’absence (22 % des arrêts maladie) et leur coût, pour l’employeur, s’élèverait à 3 000 euros par an et par collaborateur(7).

Construire un environnement de travail plus sain

Pour préserver la santé mentale des salariés — obligation légale de l’employeur en vertu du Code du travail —, des initiatives de sensibilisation et de prévention voient progressivement le jour, telles que l’accès à des plateformes numériques de soutien psychologique, la mise en place de formations sur les risques psychosociaux ou d’ateliers sur la gestion du stress, pour les collaborateurs comme pour les managers…

 

Un quart des entreprises seulement ont mis en place un programme de sensibilisation à la santé mentale(8).

 

Au-delà de ces bonnes pratiques — pour l’heure majoritairement mises en œuvre dans les grandes structures —, il s’agit d’inscrire pleinement la prise en compte du bien-être mental dans la culture d’entreprise. En encourageant une communication ouverte et bienveillante, en facilitant l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle, en instaurant un droit à la déconnexion et en contribuant à lever les tabous et préjugés qui entourent encore la souffrance au travail.  

 

Selon une étude menée par le cabinet d’audit Deloitte au Royaume-Uni(9), les mesures de soutien mises en place par les employeurs présentent un retour sur investissement (ROI) potentiellement très élevé, jusqu’à 11 fois le montant investi. Il y va donc de l’intérêt des dirigeants de prendre le sujet à bras-le-corps, tant pour la santé de leurs collaborateurs que de leur entreprise.

 

 

(1) Enquête CoviPrev, Santé Publique France, septembre 2023. 
(2) Étude stratégique « La prise en charge des troubles psychiques et psychologiques : un enjeu majeur pour notre société », Haut-commissariat au Plan, juin 2024. 
(3) 13e baromètre sur l’état de santé psychologique des salariés français, Empreinte humaine, septembre 2024.
(4) Enquête « Conflits de valeurs au travail », Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), mai 2021.
(5) Étude Workmonitor, Randstad, janvier 2024. 
(6) Étude « The cost of mental disorders in France », Fondation FondaMental, 2023. 
(7) Baromètre de la santé mentale des salariés, Teale, 2023.  
(8) Enquête « La santé mentale au travail », Fondation Jean Jaurès, novembre 2023. 
(9) Étude « Mental health and employers », Deloitte, janvier 2020.

 

 

Des psychologues à l’écoute de vos salariés
Dans le cadre de son action sociale, AG2R ARPEGE accompagne ses entreprises clientes et leurs salariés dans les situations de fragilité impactant la qualité de vie au travail. Nous proposons ainsi deux services développés avec notre partenaire Pros-Consulte, spécialiste des risques psychosociaux et du bien-être au travail.
La plateforme de soutien psychologique est accessible à l’ensemble de vos collaborateurs, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, en composant le numéro vert 0 805 235 604 (service et appel gratuit depuis un poste fixe ou mobile) ou via l’application mobile Pros-Consulte, disponible sur l’App Store ou Google Play. Des psychologues offrent une écoute bienveillante et personnalisée à tous ceux qui ressentiraient le besoin de parler, que leurs difficultés soient de nature privée ou professionnelle (anxiété, difficultés relationnelles, ressenti de harcèlement moral, isolement…). Les entretiens sont anonymes et confidentiels. La prise en charge d’AG2R ARPEGE comprend quatre consultations.
Nous proposons par ailleurs un dispositif d’accompagnement d’urgence, dédié aux salariés ayant subi un évènement traumatique sur leur lieu de travail (agression, accident, décès, tentative de suicide…). Une cellule de crise peut être mise en place dans un délai de 24 à 48 heures, avec l’intervention d’un psychologue sur site. 
Pour en savoir plus sur ce dispositif, contactez votre conseiller AG2R LA MONDIALE habituel.

 

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